Ravage, René Barjavel (1943)

De l'autre côté de la Seine une coulée de quintessence enflammée atteint, dans les sous-sols de la caserne Chaillot, ancien Trocadéro, le dépôt de munitions et le laboratoire de recherches des poudres. Une formidable explosion entrouvre la colline. Des pans de murs, des colonnes, des rochers, des tonnes de débris montent au-dessus du fleuve, retombent sur la foule agenouillée qui râle son adoration et sa peur, fendent les crânes, arrachent les membres, brisent les os. Un énorme bloc de terre et de ciment aplatit d'un seul coup la moitié des fidèles de la paroisse du Gros-Caillou. En haut de la Tour, un jet de flammes arrache l'ostensoir des mains du prêtre épouvanté.

L'art et la manière de pénétrer l'esprit d'un visionnaire. Dans les années 40, Barjavel savait déjà qu'il vivait au crépuscule d'un monde, et qu'un autre, plus fou que tous ceux qui l'avait précédé allait l'évincer.
Ce nouveau monde, similaire au notre par la complexité et la fragilité de ces réseaux, est frappé par un événement qui le paralyse.
Comment s'en sortir sans eau potable, sans électricité, sans moyens de transport? Et surtout, est ce que cette épreuve servirait de leçon au genre humain?


Quelques anecdotes sur l’œuvre:
- Barjavel a dédié cette œuvre à la mémoire de ces grands-parents paysans.
- Dans l'édition originale de cet ouvrage (1943), on pouvait lire une citation de L.F. Céline. L'auteur ayant été largement controversé pour certains de ces pamphlets antisémites (mais aussi pour son engagement collaborationniste), cette citation disparue des éditions ultérieures.

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